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Rencontre de la FP-AP à Bruxelles

 

 

Le vendredi 25 mai 2018, Brigitte Langenhagen et Jean Pierre Audy, déléguées de l’AAD auprès de l'Association européenne des anciens parlementaires des pays membres du Conseil de l'Europe (FP-AP), ont activement participé à ses réunions du bureau et séminaire organisés cette fois par l’Association des anciens parlementaires belges, Pro Lege, à Bruxelles.

En vue de l'adoption, lors du prochain colloque FP-AP en octobre à Strasbourg, de la déclaration sur "L'avenir de l'Europe", dont le rapporteur est l'ancien secrétaire général du Conseil de l'Europe Walter Schwimmer d'Autriche, les hôtes avaient invité deux remarquables orateurs au séminaire: Herman Van Rompuy, ancien président du Conseil européen et ancien Premier Ministre de Belgique, ainsi que Pierre Defraigne, ancien directeur général adjoint de la DG Commerce de la Commission européenne et professeur invité de Collège d’Europe de Bruges et de l'École de sciences politiques de Paris. Le séminaire était modéré par Franklin Dehousse, professeur et ancien juge au Tribunal de l'Union européenne.

La discussion a été inspirée par l'enquête Eurobaromètre sur l'opinion publique de l'UE avec quelques chiffres intéressants sur la satisfaction des citoyens de l'UE vis-à-vis de l'Union européenne. La conclusion principale était que les gens comprennent que nous ne pouvons pas gérer un continent sans l'Union européenne, mais sont frustrés du manque de respect de certaines questions telles que le niveau de protection, la sécurité, le chômage, les politiques microéconomiques, la migration illégale ou le changement climatique. Les deux intervenants ont souligné que l'Europe n'a pas su répondre aux défis de la mondialisation qui pose des problèmes tels que la perte du rôle des pays occidentaux dans la gouvernance mondiale et plus spécifiquement le rôle de l'UE dans le reste du monde.

Bien que le plein emploi existe dans certains pays de l'UE, cela s'accompagne d'un malaise social, car les emplois sont considérés comme non sécurisés. En ce qui concerne le climat, les engagements sont considérés comme modestes par rapport aux défis bien qu'il ait été remarqué que de 1990 à aujourd’hui les émissions ont diminué de 23% et le PIB a augmenté de 53% (pas assez, mais avec une tendance positive).

Un certain nombre de déficiences structurelles ont été identifiées dans la zone euro, comme une direction collégiale qui décide de manière unanime sur des questions importantes à huis clos, ainsi que l'existence d'une monnaie sans budget et en l'absence de solidarité financière. Il a été souligné qu'une monnaie commune nécessite un certain niveau de solidarité. Cependant, il a également été remarqué que la solidarité doit être contrebalancée en tenant également compte d'une vision géostratégique dans certains domaines.

Les ressources de l'UE ont également été identifiées comme un problème et M. Defraigne a plaidé en faveur d'une taxe d’imposition sur les bénéfices des multinationales en Europe, réduisant ainsi l’imposition et la transformant en une taxe européenne donnant au Parlement européen une responsabilité non seulement sur les dépenses mais aussi sur les ressources. Cependant, M. Rompuy a souligné que les pays de l'UE à faible taux d'imposition des sociétés, leur conférant des avantages concurrentiels injustes selon la Commission, prétendent vouloir choisir leur propre modèle d'entreprise sans harmonisation fiscale mais avec concurrence. Il a également rappelé qu'au cours de la Convention, ils ont essayé de réduire les décisions prises à l'unanimité, mais ce n'était pas suffisant.

Van Rompuy a fait preuve de beaucoup de prudence en discutant de possibles réformes des Traités ou nous pourrions nous retrouver avec moins d'Europe et nous a mis en garde contre le danger de susciter des attentes sans pouvoir aboutir à des résultats. Une coopération renforcée devrait être envisagée, tandis que M. Defraigne a souligné la nécessité de transférer plus de compétences à l'UE à long terme. Il a rappelé à maintes reprises la nécessité d'une politique extérieure et de défense de l'UE pour assurer la protection et la cohésion entre les États membres, qui sont aujourd'hui souvent divisés, portant atteinte à la crédibilité de l'UE.